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Le Saint-Siège a défendu le 16 janvier « l'autonomie » de l'Église et des religions par rapport à l'État sur les questions « moralement controversées » comme l'avortement et l'homosexualité, en réaction à des jugements de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH).
Monseigneur Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats au sein de la Secrétairerie d'État du Vatican. (Photo : Wikimedia Commons)Le Vatican a publié une longue note de sa représentation auprès du Conseil de l'Europe à Strasbourg sur « la liberté et l'autonomie institutionnelle de l'Église », accompagnée d'une interview à Radio Vatican de son « ministre » des Affaires étrangères, le Français Dominique Mamberti. La CEDH vient de condamner la Grande-Bretagne qui avait, par ses décisions de justice, soutenu la politique de British Airways en matière d'interdiction du port des signes extérieurs de religiosité pendant les heures de travail. C'est le moment choisi par le Vatican pour réagir « sur des sujets moralement controversés, comme l'avortement ou l'homosexualité, la liberté des consciences doit être respectée ». Par la voix de Dominique Mamberti, Rome a rappelé son principe de « l'objection de conscience » défendue par le pape Benoît XVI. « L'Église et la communauté politique ne peuvent pas s'ignorer l'une l'autre, surenchérit la note. S'agissant des domaines dont la finalité est à la fois spirituelle et temporelle, comme le mariage ou l'éducation des enfants, l'Église considère que le pouvoir civil doit exercer son autorité en veillant à ne pas nuire au bien spirituel des fidèles ». Le texte relève ainsi que « l'Église ne demande pas que les communautés religieuses soient des zones de non-droit ».
« L'État doit assurer le respect par ces communautés de la morale et de l'ordre public juste » : il a la charge deveiller « en particulier à ce que les personnes ne soient pas soumises à des traitements inhumains ou dégradants, ainsi qu'au respect de leur intégrité physique et morale ». « En dehors de ces cas, il appartient aux autorités civiles de respecter » l'autonomie de ces communautés, martèle le Vatican, qui souligne que « le christianisme, à la différence d'autres religions, ne comporte pas de prescriptions religieuses formelles - alimentaires, vestimentaires, mutilations etc. - susceptibles de heurter la morale naturelle et d'entrer en conflit avec le droit d'un État religieusement neutre ».