Voile et bénévolat : polémique aux Restos du coeur

Une jeune femme du Mans n'a pas été retenue en tant que bénévole pour les Restos du coeur car elle portait le hijab - un voile islamique.

Les faits ont eu lieu en septembre : Sabah, présidente de l'antenne du Mans de l'association « Coexister » - qui s'attache à promouvoir le dialogue inter-religieux en France -, a proposé ses services aux Restos du coeur pour aider à emballer des cadeaux dans un centre commercial. Lors d'un entretien, on lui signifie qu'elle devra retirer son voile durant l'activité bénévole. La jeune femme a refusé et manifeste son incompréhension au micro de France Inter :



Le bureau national de Coexister évoque deux incidents de ce type : celui du Mans et un autre à Grenoble. L'association dénonce une « décision proprement discriminatoire » et une « une atteinte à la liberté religieuse, garantie par la laïcité, qui permet à tous les citoyens d'être libres de leurs convictions et de leurs appartenances, tant que celles-ci ne troublent pas l'ordre public ». Ils précisent « nous espérons qu'il ne s'agit que de dérapages. C'est pourquoi, nous demandons instamment aux responsables des Restaurants du cœur, que nous sommes prêts à rencontrer pour ouvrir un dialogue avec eux, de condamner clairement ces actes de discrimination ! »

Même indignation du côté du Collectif contre l'islamophobie en France qui relaie une affaire similaire à Toulouse en 2012.

La Charte des bénévoles publiée sur Twitter.
Du côté des Restos, la responsable de la communication a cité la « Charte du Bénévole », bientôt affichée sur Twitter, qui stipule que les volontaires doivent faire preuve d'une « indépendance complète à l'égard du politique et du religieux ». Elle a déclaré au Monde : «  On n'a rien contre les femmes voilées, et on comprend que notre position puisse froisser, mais c'est notre choix depuis l'origine ». elle a également évoqué « une protection contre la politique et la religion » et spécifié que la « règle ne s'applique pas aux bénéficiaires ».

Pour l'instant, le principe de laïcité et neutralité ne s'applique pas au personnel d'entreprises ou associations privées n'ayant pas une mission de service public, comme c'est le cas de la crèche Baby-Loup, à propos de laquelle la Cour d'appel de Paris doit rendre son verdict pour licenciement d'une employée voilée le 27 novembre prochain. La directrice adjointe de la crèche avait été licenciée au motif qu'elle portait le voile alors que le règlement intérieur de l'établissement l'interdisait. 

Sources : France Inter, Le Monde, CCIF, Coexister.

A lire aussi

 

Nos blogs